Dans sa contribution officielle à la Commission européenne, INSULEUR avertit que des exigences de formation uniformes pourraient imposer des charges disproportionnées aux pêcheries insulaires à petite échelle et demande des solutions souples, accessibles et pleinement soutenues.
INSULEUR – Network of Insular Chambers of Commerce of the European Union a formellement soumis sa position à la Commission européenne sur son appel à preuves relatif à « Normes de formation et de certification des marins pêcheurs sur les navires de l'UE », appelant à un cadre réglementaire qui améliore la sécurité maritime tout en préservant la viabilité des petites pêcheries dans les îles d'Europe.
La contribution du Réseau, soumise le 16 octobre 2026 et publiée sur la Donnez votre avis plateforme de la Commission européenne, souligne la nécessité de garantir que les normes européennes harmonisées reflètent les réalités géographiques, économiques et sociales spécifiques des communautés de pêcheurs insulaires.
Adressée à la Direction générale des affaires maritimes et de la pêche (DG MARE) de la Commission, la soumission accueille favorablement les objectifs d'amélioration de la sécurité en mer, de renforcement de l'attractivité de la profession de pêcheur et de facilitation de la mobilité de la main-d'œuvre.
Cependant, INSULEUR soulève de sérieuses préoccupations quant au fait que l'application indiscriminée d'exigences de formation harmonisées, notamment celles fondées sur la Convention STCW-F de l'Organisation maritime internationale, pourrait avoir des conséquences disproportionnées pour les pêcheurs opérant dans les régions insulaires éloignées et ultrapériphériques.
Un cadre européen, des réalités insulaires différentes
Pour de nombreuses communautés insulaires européennes, la pêche côtière à petite échelle est bien plus qu'une activité économique. Elle soutient l'emploi local, préserve les moyens de subsistance traditionnels et contribue au tissu social et économique des territoires éloignés.
Pourtant, les pêcheurs insulaires opèrent dans des conditions qui diffèrent considérablement de celles des grandes flottilles commerciales.
INSULEUR souligne plusieurs obstacles structurels :
- Accès limité aux installations de formation : De nombreuses îles manquent de centres de formation maritime spécialisés, ce qui oblige les pêcheurs à se déplacer vers le continent.
- Charges financières disproportionnées : Les frais de déplacement, d'hébergement et le temps loin des activités de pêche créent des coûts supplémentaires importants.
- Pressions démographiques : Un vieillissement de la main-d'œuvre et les difficultés à attirer les jeunes générations menacent déjà la continuité de la profession.
Dans ce contexte, INSULEUR avertit que des obligations administratives et financières supplémentaires pourraient accélérer le déclin de la pêche à petite échelle et affaiblir davantage les communautés insulaires vulnérables.
INSULEUR appelle à une approche réglementaire proportionnée
Dans sa contribution, INSULEUR adopte une position claire sur les options politiques examinées par la Commission européenne.
Le Réseau s'oppose à l'Option politique 4, qui étendrait les exigences obligatoires de formation de base à tous les navires, y compris les capitaines de navires de moins de 24 mètres.
INSULEUR avertit qu'une telle approche pourrait imposer des charges financières et administratives excessives aux petites flottes insulaires, forçant potentiellement les pêcheurs à abandonner la profession.
Au lieu de cela, INSULEUR soutient l'Option politique 3, sous réserve de l'introduction de garanties spécifiques pour les pêcheries insulaires. Cette approche préserverait la possibilité pour les États membres d'exempter les navires de moins de 24 mètres des exigences obligatoires de formation de base.
Le Réseau soutient que les normes obligatoires devraient viser principalement les flottes à grande échelle et les flottes de pêche lointaine, tandis que les exigences pour les navires côtiers plus petits devraient rester volontaires ou être considérablement adaptées à leurs conditions d'exploitation.
Quatre propositions concrètes pour protéger les pêcheurs insulaires
Pour s'assurer que l'amélioration des normes de sécurité ne compromette pas l'avenir de la pêche artisanale, INSULEUR présente quatre recommandations spécifiques :
1. Formation flexible et décentralisée
Introduire l'apprentissage en ligne pour les modules théoriques et des unités de formation mobiles pouvant dispenser périodiquement une instruction pratique, y compris la lutte contre l'incendie et les premiers secours, directement sur les îles.
Cela réduirait considérablement le besoin de voyages coûteux et améliorerait l'accès à la formation essentielle en matière de sécurité.
2. Soutien financier complet
S'assurer que les frais de formation, les frais de voyage et d'hébergement, et la compensation pour perte de revenus sont couverts à 100 % par le Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l'aquaculture (FEAMPA).
INSULEUR souligne que la charge financière des nouvelles exigences ne devrait pas peser sur les petits pêcheurs insulaires qui font déjà face à des désavantages structurels importants.
3. Reconnaissance de l'expérience professionnelle
Introduire des dispositions reconnaissant l'expérience pratique extensive des pêcheurs et capitaines insulaires établis, évitant les obligations de requalification inutiles.
L'expérience professionnelle acquise au cours de nombreuses années devrait être reconnue comme équivalente à la formation de base pour les petits pêcheurs artisanaux éligibles.
4. Normes simplifiées pour les pêcheries côtières
Développer des modules de formation plus courts et pratiques adaptés aux risques réels auxquels sont confrontés les petits pêcheurs côtiers, plutôt que d'imposer des exigences conçues pour les grands navires hauturiers.
Une telle approche maintiendrait les objectifs essentiels en matière de sécurité tout en garantissant la proportionnalité et l'accessibilité.
Faire de l'insulompatibilité une priorité dans la politique maritime de l'UE
Une demande centrale de la contribution d'INSULEUR NETWORK est l'application systématique d'une approche d'insulompatibilité à l'évaluation et au développement de la nouvelle législation européenne.
Le Réseau souligne que l'harmonisation ne doit pas négliger les réalités géographiques et économiques des territoires insulaires.
Bien que l'amélioration de la sécurité en mer reste un objectif essentiel, les règles européennes doivent être proportionnées, accessibles et adaptées aux besoins spécifiques des communautés qu'elles sont destinées à servir.
INSULEUR NETWORK demande donc à la Commission européenne d'évaluer explicitement les impacts potentiels des nouvelles obligations de formation sur les petites flottes insulaires, en particulier dans les régions éloignées et ultrapériphériques.
Protéger la sécurité, les moyens de subsistance et l'avenir des communautés insulaires
Par cette contribution officielle au processus de consultation de la Commission européenne, INSULEUR NETWORK poursuit son plaidoyer politique au nom des entreprises insulaires européennes et des économies locales, cherchant à garantir que la législation maritime de l'UE reflète les réalités pratiques de l'insularité.
Le Réseau demande à la Commission européenne d'incorporer des garanties spécifiques aux îles dans le cadre législatif à venir et de veiller à ce que les pêcheries à petite échelle ne soient pas affectées de manière disproportionnée par les nouvelles obligations réglementaires.
Le message est clair : l'amélioration de la sécurité en mer doit aller de pair avec la protection des moyens de subsistance, de la compétitivité et de la durabilité à long terme des communautés de pêcheurs insulaires d'Europe.
